Etudes de dangers

L'étude de dangers est composée de plusieurs chapitres.

Pour la partie description, elle présente le site industriel avec ses installations son volume d’activité, son organisation ainsi que sa situation administrative. Elle décrit l’environnement à proximité du site (les zones naturelles, les axes de circulation et la climatologie, …). Enfin, elle cite les zones peuplées ainsi que les sites industriels voisins.

Il existe 6 méthodes d’analyse de risques.

L’APR (Analyse préliminaire des risques)

est une méthode d’usage très général. Elle est utilisée pour l’identification des risques au stade préliminaire de la conception d’un projet.

L’ AMDE (Analyse des Modes de Défaillance et de leurs Effets)

examine la cessation de l’aptitude d’un élément ou d’un système à accomplir une fonction requise. Elle analyse les effets par lequel une défaillance est observée sur un élément du système. Elle est centrée sur le fonctionnement des composants de l’installation.

L’AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur criticité)

reprend les principales étapes de l’AMDE ainsi que l’évaluation semi-quantitative de la criticité.

L’HAZID (HAZard IDentification)

est une revue d’identification des dangers et d’analyse des risques. Elle identifie les causes et les conséquences (fuite, feu, explosion, …) et identifie des mesures de compensation prévues et complémentaires. Elle repose sur une analyse de l’accidentologie et identifie des scénarios d’accidents potentiels.

L’HAZOP (HAZard Operability)

analyse des effets de déviations des conditions d’exploitation sur la sécurité et l’opérabilité du projet (centrée sur le fonctionnement du procédé). Elle considère les dérives potentielles des principaux paramètres liés à l’exploitation de l’installation. Le procédé est découpé en tronçon. Pour chacun, 1 fiche d’analyse est établie. Les mots clés utilisés sont : « Plus de », « Moins de », « Pas de », « Trop de », … Les paramètres de l’analyse sont la température, la pression, le niveau, le débit et la concentration. Elle peut être couplée à une estimation semi-quantitative de la criticité.

La « What-if »

est une méthode dérivée de l’HAZOP mais qui analyse moins profondément des événements. Elle considère les conséquences sans en examiner les causes. La question que l’analyse pose est la suivante : « QUE (What) se passe-t-il SI (if) tel paramètre ou le comportement de tel composant est différent de celui normalement attendu ? » Elle identifie des paramètres ou des composants dont l’objet des questions est libre.


Les phénomènes dangereux modélisés peuvent être thermiques, liés à la surpression et toxiques. Les modélisations cartographie des distances d’effets et identifie des tiers atteints par les effets. Cela permet de définir la gravité. Nous utilisons le logiciel PHAST.

Pour l’étude des probabilités, nous utilisons les nœuds papillons. Cela consiste à analyser la fréquence des événements initiateurs établie sur la base du retour d’expérience ou de bibliographie. Les mesures de maîtrise des risques (MMR) sont techniques (avec notamment les mesures de maîtrise des risques instrumentées : MMRI) et organisationnelles. Cela permet de définir le niveau de confiance.

La méthode SIL définit le Niveau de confiance (NC).  C’est la classe de probabilité pour qu'une barrière, dans son environnement d'utilisation, n'assure pas la fonction de sécurité pour laquelle elle a été choisie.

Ex : NC = 2
Probabilité de défaillance : 10-2 soit 1%
Dans 1% des cas, la MMR ne réalisera pas sa fonction de sécurité

Le niveau de confiance d’une MMRI peut être issu des SIL (Safety Integrated Level) définis dans les normes IEC 61508 et IEC 61511.

L’EDD sert de base à la mise en place de mesures d’urbanisme ou constructives (servitudes d’utilité publique : SUP, plan de prévention des risques technologiques : PPRT). Elle permet l’élaboration des plans d’urgence et de secours (plan de défense contre l’incendie : PDCI, plan des opérations internes : POI, plan particulier d’intervention :PPI). Enfin, elle détermine la communication avec le personnel et le public (CSE, CLIC, …) et permet l’émergence d’une culture du risque.

L’EDD rend une conclusion sur l’acceptabilité du risque généré par l’ICPE pour les personnes et l’environnement.

Les sites SEVESO Seuil Haut (SH) sont un cas particulier car ils doivent réaliser un Ré-examen quinquennal avec Notice obligatoire ainsi que la mise à jour de l’EDD (si nécessaire).

 
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